2004-12-03
12:05:25Communiqué
Congrès de la FTQ
Net resserrement de la solidarité public-privé
De gauche à droite : le secrétaire général de la FTQ, M. René Roy
et le président de la FTQ, M. Henri Massé Photo Serge Jongué
Montréal, le 3 décembre 2004 - Le 27ème congrès triennal de
la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ)
s'est conclu ce matin par la réélection de son président, M. Henri
Massé et de son secrétaire général, M. René Roy. Les deux
dirigeants considèrent que ce congrès a été marqué par un net
resserrement de la solidarité entre les syndicats du privé et ceux
du public.
« Que ce soit sur les partenariats public-privé, sur une politique
de l'aérospatiale, sur les menaces de privatisation dans le secteur
municipal, sur les votes forcés d'allégeance syndicale dans la
santé ou encore sur l'aide à la syndicalisation des travailleuses
de Wal-Mart, les 1 500 délégués ont adopté, depuis lundi, des
positions pragmatiques dont nous ressentirons les effets concrets
dans les prochains mois », ont affirmé MM Massé et Roy.
Une centrale équipée pour faire face aux employeurs
« Nous avons pu constater cette semaine que la FTQ est sans aucun
doute la centrale syndicale la mieux équipée pour faire face aux
tentatives de division et de chantage des employeurs publics et
privés, qu'il s'agisse de gouvernements, de transnationales,
d'organismes publics ou de patrons de PME.
« Si une administration municipale veut retirer des tâches à ses
cols bleus pour les confier au privé, elle va être confrontée à une
solide concertation entre les syndicats de la construction et les
syndicats de cols bleus. Ça vaut également pour les services
auxiliaires dans la santé , l'éducation ou bien dans le transport
en commun », a fait valoir le président de la FTQ.
Au-delà des revendications immédiates
De nombreux intervenants, tout au long de la semaine, ont fait écho
aux allusions de corporatisme syndical véhiculées par le
gouvernement Charest à l'automne 2003 et relayées par la suite par
le patronat. « Nos membres se sont dit carrément insultés par ces
accusations alors qu'ils militent à tous les jours pour une
meilleure intégration des personnes immigrantes, pour une véritable
politique de lutte à la pauvreté, pour des services publics de
qualité en santé et en éducation », a indiqué pour sa part le
secrétaire général de la FTQ, René Roy.
« On se préoccupe de francisation des milieux de travail, de
formation professionnelle et continue, de conciliation
travail-famille, de soutien aux travailleurs et travailleuses des
pays malmenés par les diktats économiques des institutions
internationales. Alors vous comprendrez que nos membres soient
révoltés par la vision réductrice que certains véhiculent à propos
de nos actions », a ajouté M. Roy.
L'action politique de la FTQ
Le congrès de la FTQ a par ailleurs adopté une déclaration qui
balise l'appui éventuel de la centrale à des partis politiques, sa
participation à des coalitions et sa présence au sein d'organismes
ou de forums gouvernementaux. Cette déclaration politique réaffirme
« l'autonomie totale et entière de la centrale à l'égard de tout
parti politique », tout en gardant la porte ouverte à un appui
ponctuel à un parti lors d'élections québécoises ou fédérales.
Solidarité intersyndicale
Les congressistes ont également accordé un appui sans équivoque aux
travailleuses et travailleurs de la SAQ en grève, aux producteurs
bovins aux prises avec les séquelles de la maladie de la vache
folle, du protectionnisme américain et du monopole de l'abattage au
Québec.
« Nous devons mener des actions intersyndicales quand une région
est confrontée à une saignée des emplois comme au
Saguenay-Lac-Saint-Jean, avec les annonces d'Alcan et
d'Abitibi-Consol, entre autres. C'est une question de survie », ont
fait valoir des délégués de cette région.
La FTQ, la plus grande centrale syndicale québécoise, représente
plus d'un demi-million de membres.
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